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L'hommage : Pierre Gautier couvert de fleurs
Le dirigeant associé de la SARL Gautier toiture a trouvé la mort la semaine dernière en préparant le dispositif de sécurité d'un chantier. Pierre Gautier était connu dans la région pour sa disponibilité et son savoir-faire.Il avait porté son regard d’expert sur de nombreuses toitures de l’Argoat. Des bâtiments publics, des monuments, des commerces, des maisons individuelles... Asseau à la main au début de sa carrière, il était devenu conducteur de travaux et commercial de la société Gautier toiture qu’il avait créée de ses mains. Une affaire familiale de dix employés qui rayonne sur l’Argoat depuis la zone de Bellevue à Saint-Agathon. Avec Martine, son épouse, connue à Guingamp pour son investissement dans divers organismes ; elle est juge au tribunal des Prud’hommes, notamment. Et leur fils cadet, Thierry, qui a repris les rênes de l’entreprise en octobre 2007. Le deuxième a choisi une autre voie : il est officier pompier à Niort (79).
Pierre Gautier avait fait de la sécurité son cheval de bataille. Une exigence dans ce métier périlleux. Une de ses tâches consistait d’ailleurs à vérifier la bonne exécution des normes de sécurité sur ses chantiers. A programmer des formations pour ses équipes aussi. C’est justement en prévoyant un dispositif de sécurité, dans une entreprise de Plouisy, que le drame est survenu. Mardi 16 octobre, dans l’après-midi. Un coup du sort. Sous les yeux de l’un de ses employés qui devait intervenir sur le toit pour colmater des fuites d’eau.
Un homme généreux et discret
Un travail qui ne devait durer que quelques heures, précédé par l’intervention de Pierre Gautier. Une habitude.
« Après avoir échangé avec moi au pied du bâtiment, sur l’état de la toiture, il est monté à l’échelle. Il donnait des instructions pour la préparation du chantier. Il cherchait un point d’accroche sur le toit », témoigne son employé. « Les pieds toujours sur l’échelle, il s’est penché en avant et s’est appuyé sur la première plaque de toit qui a cédé. Le poids de son corps l’a fait basculer. Il était prêt à redescendre... »
La chute de sept mètres lui a été fatale. Les pompiers ont essayé de le réanimer. En vain. L’inspection du travail s’est aussi déplacée sur les lieux et a ouvert une enquête sur les circonstances de l’accident. « Il accédait par une échelle à un chantier pour la mise en sécurité, il n’a commis aucune faute », estime son épouse.
En attendant, la nouvelle a peiné l’Argoat, et bien au-delà. Dans le milieu du bâtiment
bien sûr, et bien au-delà. Tant l’homme jouissait d’une solide réputation. Généreux, disponible, à l’écoute, affable, discret, prévoyant. C’est en ces termes que ceux qui l’ont vu à l’œuvre ou qui le connaissaient parlent de lui. « Un homme généreux et discret qui, par ses compétences, a su créer une belle entreprise en peu de temps. Il était beaucoup apprécié dans le monde du bâtiment. Quel accident, pour lui qui accordait autant d’importance à la sécurité », dit Jean-Yves Blaize, couvreur de Moustéru à la retraite. Un ami de longue date.
Dès l’annonce de la disparition du chef d’entreprise, les témoignages de sympathie ont afflué à l’entreprise de Bellevue en deuil. De la chambre de commerce, de métiers, de membres de la Confédération de l’artisanat et des entreprises du bâtiment (Capeb) de toute la France. Il était membre actif de la section couverture des Côtes-d’Armor. Et bien d’autres encore.
Mordu de foot et de pêche en mer
Pierre Gautier venait d’avoir 56 ans. Il avait débuté sa carrière de couvreur en 1978. Il n’était pas destiné à cette profession, il l’a épousé en rencontrant sa future femme, fille d’un artisan couvreur de Pabu. Arsène Huet avec lequel il fonde la SARL Huet et Gautier. Au décès de ce dernier, en 1986, il s’installe comme artisan couvreur à Saint-Agathon. On connaît la suite.
A l'approche de la retraite, cet ancien arbitre de football du Stade Charles-de-Blois, à Guingamp, véritable mordu du ballon rond, rêvait de se retirer dans sa petite maison de Trégastel. A portée de main de son embarcation qui lui permettait d’assouvir sa deuxième passion : la pêche en mer. « Tous les ans, en juillet, lui et son frère s’offraient une semaine de pêche, au casier et à la ligne. Cet été, il revenait tous les jours en disant que les maquereaux avaient reconnu le bruit de moteur et sauté dans le bateau, tellement il y en avait », raconte Martine Gautier, la voix chargée d’émotion.
Ses obsèques ont été célébrées vendredi à l’église de Ploumagoar, en présence de nombreuses personnes venues lui rendre un dernier hommage. Il a ensuite été inhumé à Ploumagoar, commune qui l’a vu grandir. Dans le caveau familial où reposent ses parents.
Fanch LE PIVERT
L'écho du Mercredi 24 octobre 2012
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